Collectif Solidarité Tunisie Lettre au Chef du Gouvernement Tunisien, Monsieur Elyes Fakhfakh, du 19 mai 2020


18 mai 2020

 

Monsieur le Chef du Gouvernement,

 

Le collectif Solidarité Tunisie réunit 70 associations tunisiennes à l’étranger et des bénévoles indépendants. Cette initiative inter-associative s’est formée pour faire face à la crise du COVID19 et afin de répondre aux besoins des citoyens tunisiens, en Tunisie et à l’Etranger.

En tant que composante de la société civile, nous sommes attentifs à la transparence, la nôtre mais également celle des pouvoirs publics. Nous ne pouvons pas et nous ne souhaitons pas remplacer les actions qui relèvent de l’Etat Tunisien qui sont aujourd’hui plus qu’urgentes.

Monsieur le Chef du Gouvernement, les tunisiens résidents à l’étranger subissent violemment les conséquences de la crise sanitaire. Nos actions de solidarité et les efforts des associations à travers leurs multiples mobilisations ne peuvent suffire à répondre à la gravité de la situation. Etudiants, salariés précaires, demandeurs d’emploi, citoyens en situation irrégulière, personnes âgées et / ou isolées, familles démunies, tous sont aujourd’hui menacés par la plus grande précarité.

Vous avez annoncé plusieurs mesures et promesses importantes mais nous n’avons aujourd’hui que peu de visibilité sur votre plan d’action, son exécution ainsi que la distribution des aides. Nous constatons un manque flagrant de communication et de coordination avec les autorités consulaires sans oublier que l’absence d’un Ambassadeur de Tunisie en France et d’un Consul Général à Paris est une faille tant sur le plan diplomatique que politique et social. Il est aujourd’hui urgent d’avoir un vis-à-vis consulaire dédié à la crise actuelle.

Nous voudrions pouvoir collaborer de manière plus fluide et plus efficace avec les instances consulaires et les attachés sociaux. Nous avons appris qu’une somme de 400 000 DT est destinée à « l’aide des personnes bloquées, les clandestins et les étudiants non boursiers ». Nous aimerions avoir une visibilité sur la destination de ces fonds et pouvoir mettre à la disposition des autorités consulaires les multiples demandes qui nous parviennent.

Monsieur le Chef du gouvernement, des tunisiennes et des tunisiens sont en souffrance : angoisses peurs, précarité, discrimination, violence, faim sont devenues leur pain quotidien dans une Europe fortement frappée par la Pandémie. Plusieurs d’entre eux se sentent abandonnés. Venir à leur secours est une obligation pour les pouvoirs publics tunisiens.

Nous sommes conscients des efforts fournis et de la difficulté de la situation mais cela ne nous empêche pas de vous solliciter afin d’accélérer la distribution des aides promises et afin de concrétiser de manière plus efficace et dans la concertation les plans d’actions.

Nous appelons à plus de transparence par rapport aux aides attribuées aux structures de l’Etat et à la facilitation de l’acheminement des dons destinés à la Tunisie auprès des services douaniers. Nous exigeons une distribution transparente et équitable des aides et des fonds.

Nous souhaitons aussi attirer votre attention sur les espaces tunisiens en France qui pourraient aujourd’hui accueillir plusieurs tunisiennes et tunisiens en difficulté ou en situation irrégulière. Nous appelons à l’ouverture de ces espaces et à leur mise à disposition à ceux et celles qui en ont besoin.

Par ailleurs, nous souhaitons vous faire part de notre étonnement et de notre opposition à la décision d’augmenter les prix des services consulaires (passeport, carte d’identité, contrat de mariage…). Cette augmentation considérable et l’injonction de payer en liquide sont vécues comme un mépris et une violence par les tunisiennes et les tunisiens résidents à l’étranger et bafouent le principe d’égalité entre tous les Tunisiens.

Monsieur le Chef du Gouvernement, c’est avec beaucoup de confiance en votre engagement et de votre ouverture à la société civile que nous vous adressons cette lettre et nous espérons avoir un retour favorable à nos demandes.

 

Nous vous adressons, Monsieur le Chef du Gouvernement, nos salutations les plus respectueuses.

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