Tunisie : Le gaz algérien, notre oxygène !

Écrit par sur 26 juillet 2022

L’Algérie a annoncé, le lundi 18 juillet, la signature d’un accord de quatre milliards de dollars permettant d’alimenter l’Italie en très grandes quantités de gaz naturel. Une aubaine pour la Tunisie.

Quand la Chine tousse, le monde s’enrhume, dirait l’expression, en rapport, sans doute, avec le poids économique du pays du Soleil-Levant dans l’économie mondiale. Toute proportion gardée, il n’est pas faux de dire que quand l’Algérie développe ses exportations de gaz, richesse incommensurable de notre voisin de l’Ouest, la Tunisie respire.

Le gaz russe, un levier de guerre !

A quelque chose malheur est bon. La guerre en Ukraine, si elle a ébranlé des économies de la zone euro qui dépendent vitalement des matières premières russes, elle a eu la particularité d’en avoir régénéré d’autres, à l’instar de l’Algérie qui se trouve propulsée au-devant de la scène grâce à ses gisements gaziers.

Comment cela s’est-il produit ? Il faut savoir que depuis le déclenchement des hostilités en Ukraine, le ravitaillement de l’Europe en gaz naturel russe a été fortement perturbé. Pour deux raisons : la première a trait aux coupures stratégiques de gaz orchestrées par la Russie, Moscou utilisant le gaz naturel comme levier afin d’obliger les pays d’Europe à relâcher leur soutien à Kiev.

La seconde provient du fait que l’Europe tente (vainement) de faire un blocus sur le gaz russe. La Commission européenne souhaite, en effet, réduire la dépendance de l’UE au gaz russe de deux tiers avant la fin de l’année, et de 100% à compter de 2027. Atteindre un tel seuil de dépendance vis-à-vis du gaz russe est une illusion, sans doute, quand on sait qu’en 2021, 45% des importations de gaz naturel de l’UE provenaient de Russie.

Le gaz algérien, un havre de paix !

Le gaz russe étant devenu « persona non grata », des pays d’Europe sont en train, soit de diversifier leurs fournisseurs, soit de signer de nouveaux contrats avec des pays (en dehors de la Russie) traditionnellement pourvoyeurs de gaz.

C’est le cas de l’Algérie avec l’Italie. Premier exportateur africain de gaz naturel et le 7ème mondial, notre voisin de l’Ouest signera, dans les prochains jours, un accord de 4 milliards de dollars avec les compagnies, Occidental, ENI et TOTAL, lequel permettra d’alimenter l’Italie en très grandes quantités de gaz naturel.

Il est utile de rappeler que depuis le début de l’année, l’Algérie a fourni à l’Italie 13,9 milliards de m3, dépassant de 113% les volumes prévus initialement. Elle prévoit de lui livrer au total 6 milliards de m3 supplémentaires d’ici fin 2022.

Comment la Tunisie pourra-t-elle tirer profit de l’augmentation du volume des exportations algériennes vers l’Italie ? La réponse est à chercher dans le gazoduc TransMed qui relie l’Algérie à l’Italie, via la Tunisie et qui peut transporter jusqu’à 32 milliards de m3 de gaz naturel par an.

Le gazoduc Transmed s’étend, en effet, de Hassi R’mel (Algérie) jusqu’à Bologne (Italie) en passant par El Haouaria (Tunisie). Ce « droit de passage » sur le sol tunisien, permet à notre pays de bénéficier d’une quote-part de 6% du gaz naturel que l’Algérie vend à l’Italie. Autrement dit, plus ça gaze sur notre sol, mieux c’est pour notre facture énergétique !


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