Sous-effectifs et primes non revalorisées : grève à l’aéroport de Marseille

Écrit par sur 1 juillet 2022

MARIGNANE: Plusieurs dizaines d’employés grévistes de l’aéroport Marseille-Provence se sont réunis vendredi à Marignane (Bouches-du-Rhône) pour dénoncer des conditions de travail dégradées et demander des revalorisations salariales, avec un impact limité sur les passagers en raison de réquisitions.

« Compte tenu de la nécessité d’assurer notre mission de service public et la sécurité des opérations, les personnels indispensables ont été réquisitionnés », avait annoncé jeudi soir la direction de l’aéroport dans un communiqué, disant anticiper deux annulations de vols en provenance de Paris Charles-de-Gaulle « en raison du mouvement de grève parisien ».

« Nous n’avons pas prévu de blocage, nous avons juste prévu du tractage » car « la volonté, ce n’est pas de pénaliser les passagers », a déclaré à l’AFP Michel Tremori, secrétaire général du syndicat FO à l’aéroport de Marseille-Provence.

Les réquisitions sont une « atteinte au droit de grève », a-t-il dénoncé. « C’est la première fois que le préfet prend ces dispositions-là alors qu’on n’a jamais intenté de mouvement qui bloque » l’activité, dit-il, en demandant la réouverture des négociations.

À l’appel d’une intersyndicale FO-CGT-CFE-CGC, un préavis de grève a été déposé de vendredi à lundi pour dénoncer un « manque d’embauches » et « des primes qui n’ont pas été revalorisées depuis avant la Covid », a détaillé M. Tremori, et ce, malgré l’inflation.

« Nous avons perdu 15 000 emplois dans l’aérien en deux ans » dans un secteur « sinistré » depuis plusieurs années, a-t-il rappelé. « C’est de la précarisation, de la paupérisation, et pas que chez les navigants de Ryanair ».

Sur cet aéroport « nous avons des effectifs à la baisse », jusqu’à 20% qui n’ont pas été renouvelés, ce qui « pose énormément de problèmes étant donné le retour du trafic » à un niveau d’avant la pandémie, comme en mai dernier où il a même été supérieur à mai 2019, a détaillé le représentant syndical.

Chez les sous-traitants, qui représentent deux tiers de l’activité de l’aéroport, ces réductions d’effectifs atteignent 60%, selon lui.

Conséquence: des conditions de travail « très dégradées » et « un stress permanent », a développé M. Tremori.

« On est submergé avec le nombre de passagers », confirme Audrey, agent d’information, 48 ans, en grève pour la première fois.

Les personnels grévistes « sont très motivés », a estimé pour sa part Robert Aruanno, délégué syndical CGT, qui menace de reposer un préavis dès la semaine prochaine et « tant qu’on n’aura pas eu gain de cause ».

ESPAGNE: UNE GRÈVE CHEZ RYANAIR ET EASYJET ENTRAÎNE QUELQUES ANNULATIONS DE VOLS

Neufs vols ont été annulés vendredi à l’arrivée et au départ de l’Espagne vendredi en raison d’un mouvement social chez les compagnies à bas-coût Easyjet et Ryanair en pleine saison touristique.

Selon un pointage du syndicat espagnol USO à 13H00 (11H00 GMT), huit vols d’Easyjet ont été annulés et un de Ryanair. 21 vols de la compagnie britannique ont enregistré des retards et 113 de la compagnie irlandaise.

Près de 450 hôtesses et stewards d’Easyjet ont été appelés à débrayer vendredi, samedi et dimanche ainsi que les 15, 16, 17, 29, 30 et 31 juillet. Ils réclament un alignement de leurs conditions de travail sur le reste de leurs collègues en Europe.

Ryanair connaissait pour sa part son cinquième jour de grève. Le mouvement social, visant à réclamer de meilleures conditions de travail pour les 1 900 personnels de cabine de la compagnie en Espagne, avait débuté en fin de semaine dernière et devait durer jusqu’à samedi.

Une cinquantaine de vols Ryanair avaient été annulés jeudi après 129 annulations durant les trois premiers jours de cette grève du 24 au 26 juin.

La compagnie irlandaise affirme être la compagnie qui transporte le plus de passagers sur le marché espagnol, desservant « plus de 650 itinéraires » depuis les 27 aéroports où elle opère dans le pays.

La semaine passée, le premier volet de la grève avait également concerné les salariés de la compagnie dans d’autres pays européens comme le Portugal, la Belgique, l’Italie, la France. Ils exigeaient le respect du droit du Travail et une augmentation des salaires, alors que la compagnie irlandaise devrait enregistrer cet été une meilleure activité qu’en 2019, avant la pandémie de Covid-19.


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