Les caisses d’allocations familiales mieux armées pour détecter les fraudes massives

Écrit par sur 22 juin 2022

PARIS : Ils déclarent une fausse activité, une fausse adresse ou détournent l’argent dû à d’autres allocataires: les fraudeurs à grande échelle sont désormais traqués plus efficacement par les caisses d’allocations familiales, grâce à des contrôleurs spécialisés dont les résultats sont jugés encourageants.

« Les fraudeurs ont de l’imagination et s’adaptent en permanence », mais les 30 contrôleurs spécialisés mis en place depuis l’automne par les Caisses d’allocation familiale ont permis de « développer une expertise » et d’identifier plusieurs modes opératoires des escrocs, a expliqué mardi lors d’un point presse Nicolas Grivel, le directeur général de la Cnaf.

Ce nouveau dispositif a permis de détecter plus de 600 « fraudes à la fausse activité professionnelle », pour un montant global de plus de 7 millions d’euros, a détaillé M. Grivel. Dans ce type de cas, l’escroc déclare une fausse activité (souvent de micro-entrepreneur) pour toucher le RSA ou la prime d’activité.

Certains des 30 contrôleurs spécialisés, répartis par équipes de six dans cinq villes de France, travaillaient précédemment à la détection de fraudes plus classiques. Mais d’autres ont été recrutés au sein de la justice, de la police ou de la gendarmerie, afin de « croiser les expertises », ajoute Nicolas Grivel.

En quelques mois, ils ont également évité un préjudice de 650 000 euros en détectant plus de 1 000 « arnaques au RIB »: dans ce type de dossier, l’escroc pirate le compte d’un allocataire sur le site caf.fr et y rentre ses propres coordonnées bancaires afin de détourner les prestations sociales.

Les fraudeurs peuvent également utiliser une fausse identité, ou une fausse adresse –notamment parce qu’ils habitent à l’étranger, alors que les droits ne sont ouverts qu’aux résidents en France.

« Les escrocs utilisent des mécanismes innovants et sophistiqués, ils arrivent à imiter nos courriels, c’est pourquoi nous multiplions les messages de prudence vis-à-vis des usagers », a expliqué à l’AFP Nathalie Wolpert, qui dirige une des équipes de contrôleurs, basée à Strasbourg.

Les « limiers » des CAF, qui travaillent en réseau et interviennent sur tout le territoire, coopèrent avec les services fiscaux, les préfectures ou la police pour traquer ces escroqueries à grande échelle, dont le préjudice moyen est 10 fois supérieur à celui des fraudes « classiques ».

Dans de nombreux dossiers, l’enjeu est de remonter jusqu’à l' »apporteur d’affaires » qui a élaboré l’arnaque et la fait mettre en oeuvre suivant un même mode opératoire par plusieurs exécutants, à qui il réclame ensuite une « commission ».

« Ces gens sont très ingénieux, mais on n’a aucune sympathie pour eux », souligne Sandra, l’une des enquêtrices basées à Strasbourg, et qui préfère ne pas donner son nom de famille.


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