Deux Françaises et une Suisse reçoivent le prix du meilleur inventeur 2022 par l’Office européen des brevets

Écrit par sur 21 juin 2022

PARIS: Deux Françaises, la chimiste Claude Grison et l’immunologiste Élodie Belnoue, ainsi que l’ingénieure suisse Madiha Derouazi ont reçu mardi le prix du meilleur inventeur 2022 remis par l’Office européen des brevets (OEB).

Claude Grison (CNRS), qui se présente volontiers comme une « chimiste-citoyenne » a été récompensée dans la catégorie « recherche » pour ses travaux sur des éco-catalyseurs végétaux réalisés à partir de plantes envahissantes, permettant de dépolluer des sols miniers à partir de plantes mangeuses de métaux, et de créer de nouvelles molécules chimiques.

Élodie Belnoue, ancienne doctorante en immunologie à l’hôpital Bichat à Paris et désormais directrice de recherche de l’entreprise suisse Amal Therapeutics (Boehringer Ingelheim), a été primée dans la catégorie « PME » pour la mise au point avec sa coéquipière suisse ingénieure en biotechnologie Madiha Derouazi d’une nouvelle plateforme médicale pour fabriquer des vaccins thérapeutiques contre différents types de cancer.

Dans la catégorie « Industrie », une équipe estonienne composée de Jaan Leis, Mati Arulepp et Anti Perkson a reçu le prix pour ses matériaux haut de gamme à base de carbone pour les supercondensateurs. Ils ont optimisé du graphène incurvé pour l’utiliser comme électrode, fournissant des sources d’énergie à charge rapide et de longue durée aussi bien pour l’industrie que pour les voitures électriques.

Jeunes chercheurs-inventeurs récompensés 

En recevant son prix dans la catégorie « Pays non membres de l’OEB », le chimiste canado-américain Donald Sadoway primé pour ses batteries en métal liquide pour le stockage des énergies renouvelables, a salué l’excellence des chercheurs distingués par l’OEB, qui s’attaquent aux « grands problèmes de la planète » et veulent « changer le monde ».

Cette année, sur les 13 équipes de recherche en finale pour recevoir le prix de l’OEB 2022, plus de la moitié travaillaient sur des sujets liés à la transition énergétique et climatique.

L’ingénieur aéronautique français Frédérick Pasternak, qui travaille pour le groupe Airbus et concourait dans la catégorie « industrie », a ainsi déjà déposé une vingtaine de brevets dans sa carrière: il a notamment inventé un instrument météorologique par satellite (interféromètre) qui permet d’améliorer considérablement la précision des prévisions météo et des prédictions scientifiques sur le changement climatique, en permettant de mieux situer les quantités de CO2, CH4 (méthane) et autres composés chimiques dans l’atmosphère.

Pour la première fois, l’OEB a mis en valeur des jeunes chercheurs de moins de 30 ans cette année, en récompensant ex-aecquo une équipe belgo-britannique pour sa technologie de tri et de recyclage des déchets utilisant l’intelligence artificielle, et l’Américaine Erin Smith (22 ans), pour son application de reconnaissance faciale utilisant aussi l’intelligence artificielle pour détecter et surveiller, dès les prémices, la maladie de Parkinson et ses signes avant-coureurs.

Le procédé de tri des déchets permettant d’augmenter la proportion de déchets recyclés, inventé par le Belge Victor Dewulf, 25 ans, et le Britannique Peter Hedley, 27 ans, est désormais déployé dans des centres de recyclage au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie via leur startup Recycleye, en partenariat avec la société de robotique Fanuc.

Les deux premiers prix ex-aecquo des jeunes chercheurs reçoivent chacun 20 000 euros, alors que dans les autres catégories, le prix est honorifique.

Le prix du public a été attribué à l’ingénieure espagnole en robotique Elena García Armada (Espagne) à l’issue d’un vote en ligne sur un total de 23 000 votes exprimés entre le 17 mai et le 21 juin. Mme Garcia Armada a inventé le premier exosquelette adaptable pour enfant, qui peut aider les enfants se déplaçant en fauteuil roulant à marcher pendant une thérapie et ainsi réduire la dégradation des muscles.

Enfin, la biochimiste américaine d’origine hongroise Katalin Karikó, dont l’objet de recherche a déjà été largement salué un peu partout dans le monde depuis la pandémie, a reçu de l’OEB le Prix « Œuvre d’une vie » pour ses travaux précurseurs sur l’ARN messager, qui ont fondé les premiers vaccins à ARN messager contre le Covid.


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