Rien ne va plus entre le PDL et les instituts de sondages

Écrit par sur 3 décembre 2021

Les sondages d’opinion sont actuellement au cœur de la polémique. Si pour certains, ces instruments servent de moyen pour explorer les orientations de la population en matière d’intentions de vote, pour d’autres, ce n’est qu’une manière de créer l’opinion publique.

Dans un précédent article, nous avons exposé ce problème de manière à mettre en garde contre les risques de manipulation politique que pourraient provoquer ces instruments, notamment en évoquant des partis fictifs appelés aussi fantômes.

Aujourd’hui le problème se pose réellement, dans la mesure où certains partis politiques commencent à prendre conscience d’un tel risque. Parmi eux figure le Parti Destourien Libre qui est allé jusqu’à envoyer des avertissements à ces instituts de sondages.

En effet, dans un communiqué rendu public, le PDL affirme avoir envoyé des correspondances pour alerter contre le manque de scientificité et les instruments flous que mettent en œuvre ces instituts pour réaliser leurs sondages.

Le parti fustige le fait qu’ils donnent lieu à des partis fictifs qui n’existent pas, faisant allusion au « parti de Kais Saied », souvent évoqué dans les sondages d’opinion.

Le cas des partis fantômes

Selon le dernier sondage d’Emrhod Consulting publié, mercredi 1er décembre 2021, le « parti de Kaïs Saïed » n’occupe plus la première place des intentions de vote.

Répondant à la question : « Pour quelle liste ou quel parti voteriez-vous en cas de tenue d’élections législatives demain ? », 29% des participants au sondage affirment voter pour le Parti Destourien Libre (PDL) alors que « Le parti de Kaïs Saïed » arrive deuxième avec 26% des voix.

Or ce parti n’existe pas et le président de la République avait, à maintes reprises, démenti les informations selon lesquelles il serait tenté par la fondation d’un parti politique.

D’ailleurs, la mouvance du 25 juillet qu’il conduit cible à déconstruire tout le système politique fondé par les partis post-révolution.

A partir de là, peut-on y croire vraiment ? N’y-a-t-il pas manipulation de l’opinion publique ou est-ce seulement une réaction généralisée de l’imaginaire du Tunisien ? Blocage politique aidant, ce parti qui n’existe pas peut se targuer d’avoir 26% d’intentions de vote.

A qui ont été prises ces voix ? Sur quel programme se base ce parti… qui n’existe pas ? Autant de contradictions qui viennent se coller au scénario ! S’il est vrai que la pratique est courante et que les sondages ont pour objectif d’exprimer un ressenti ou une opinion à l’instant T, il est aussi vrai que cela a pour objectif de semer le trouble dans les esprits.

Emrhod Consulting répond 

Réagissant à la polémique, Emrhod Consulting a brisé le silence par le biais de son directeur Nabil Benamou. Ce dernier, s’exprimant sur les ondes de Shems FM, réfute toute intention de manipuler l’opinion publique affirmant que son bureau ne fait qu’utiliser des moyens scientifiques fondés pour faire ses sondages.

S’agissant du cas du « parti de Saied », il affirme que cela émane des réponses spontanées des Tunisiens ayant participé à ces sondages.

Méthodologiquement, un sondage d’opinion ou une enquête d’opinion est une application de la technique des sondages à une population humaine visant à déterminer les opinions ou les préférences probables des individus la composant, à partir de l’étude d’un échantillon de cette population.

C’est une sorte de radiographie des choix d’un groupe de personnes à moment donné, censé représenter la société, ou les électeurs.

Sauf que pour différents politologues, la prolifération des sondages permet de manipuler l’opinion publique et d’impacter d’une manière ou d’une autre ses choix électoraux.


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