Une maman écrit à Macron pour alerter sur le Pims, ce syndrome post-Covid qui touche les enfants

«Vous aviez employé le mot « guerre ». Pour nos enfants, petits soldats qui tombent et souffrent, votre soutien aurait été un réconfort»Marie Vades, une habitante de Latour-Bas-Elne dans les Pyrénées-Orientales, vient d’écrire à Emmanuel Macron, pour «l’alerter sur la situation sanitaire grave», à laquelle sont confrontés nombre d’enfants en France atteint de la maladie de Pims, qui se déclare chez les plus jeunes, consécutivement à une infection au Covid-19. La barre des 500 cas vient tout juste d’être franchie en France. Le «syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique» – son nom savant – avait été confondu, à cause de quelques points communs, avec la maladie de Kawasaki. «Mon mari et moi avons vécu les pires jours de notre vie. Notre fille était en train de mourir sous nos yeux […] écrit la maman, dans un courrier publié par L’Indépendant. «Votre devoir est d’informer massivement pour protéger nos enfants et qu’ils soient pris en charge de manière rapide et efficace. Les nôtres retrouveront-ils une vie normale ? Quelles seront les conséquences de ce manque de réactivité ? Tant d’interrogations sans réponse même auprès des professionnels… Nous sommes seuls face à notre peine, nos vies chamboulées, nos nuits blanches, nos enfants qui souffrent», s’indigne-t-elle.

Aujourd’hui, cette inflammation généralisée qui touche notamment le muscle cardiaque est de mieux en mieux connue et prise en charge. «Dans 80% des cas il y a des signes digestifs : diarrhées, vomissements, douleurs abdominales. Il y a une fièvre importante. Les enfants peuvent avoir une rougeur aux yeux, conjonctivite, les lèvres asséchées et beaucoup de fatigue», détaille Alexandre Belot, rhumato pédiatre, qui fait partie de l’équipe qui surveille les nouveaux cas pour Santé Publique France. L’âge médian des jeunes patients est de 7 ans.

Ces symptômes doivent alerter, surtout s’ils surviennent quatre à cinq semaines après une infection au Covid. Ils nécessitent en moyenne entre cinq et sept jours d’hospitalisation, souvent en réanimation. «C’est comme si l’organisme se battait contre le virus déjà parti, avec des symptômes assez spectaculaires», détaille le professeur Laurent Bonnemain, cardopédiatre au CHU de Strasbourg, interrogé par les DNA.

La maladie de Pims a fait une jeune victime en France, au tout début de la pandémie, quand elle était encore inconnue. «Depuis, les corticoïdes sont depuis devenus le traitement standard», pointe le professeur Alexandre Belot.

Pour les professionnels de santé, il n’y a plus de quoi s’inquiéter outre mesure. D’abord parce que le nombre de cas rapporté reste faible : 1 à 2 pour 10.000 infections d’enfants. «La grippe est plus dangereuse pour eux que le Covid-19», rassure Alexandre Belot. «Nous avons du recul sur les premiers cas de mars 2020. On ne trouve pas de complication à long terme, à 6 mois ou à 1 an», conclut-il.

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