Vaccins contre le Covid: la France passe à la vitesse supérieure

Vaccinodromes, injections à domicile: des leviers nouveaux sont activés pour accélérer la cadence dans la lutte contre le coronavirus.

Cette accélération est déjà perceptible dans les chiffres. La semaine dernière, 1,9 million d’injections ont été réalisées, l’objectif étant de dépasser les 2 millions cette semaine pour atteindre les 10 millions de primo-vaccinés avant mi-avril, comme l’avait promis le gouvernement. Puis 20 millions mi-mai et 30 millions mi-juin. Des objectifs tenables, assure le ministère de la Santé qui attend la livraison de 12 millions de doses ce mois-ci. Il compte notamment sur l’arrivée la semaine du 19 avril de 200.000 doses du vaccin unidose Janssen, autorisé en France le mois dernier et qui sera a priori d’abord réservé aux habitants d’outre-mer et aux personnes les plus précaires.

Priorité à la proximité

En attendant, lundi soir, environ 9,5 millions de personnes avaient déjà reçu une première injection (14,2 % de la population totale) et 3,2 millions en avaient reçu deux. Selon le ministère de la Santé, 60 % des 75 ans et plus sont vaccinés ; pour augmenter la cadence sur cette tranche d’âge particulièrement à risque, l’Assurance-maladie a entamé une campagne pour les inviter à prendre rendez-vous, via l’envoi de 400.000 SMS. Ils pourront ainsi bénéficier de coupe-file, assure-t-on, notamment dans les vaccinodromes où sont administrés les vaccins Moderna et Pfizer – dont la France attend environ 2 millions de doses par semaine les deux prochains mois.

«Mais il ne faut pas croire que la stratégie vaccinale française repose sur ces centres de vaccination de grande capacité: on continue de miser sur l’hyper-proximité et la vaccination en ville», martèle-t-on au ministère de la Santé. Pas question donc que ces mégacentres absorbent les patients des quelques 1500 centres plus petits ou viennent siphonner leurs doses.

Priorité à la proximité, donc, grâce notamment à une importante livraison d’AstraZeneca la semaine dernière (1,4 million de doses) redistribuée en très grande majorité aux pharmaciens, aux généralistes mais aussi aux infirmiers, qui vont dès cette semaine pouvoir vacciner à domicile. Ils sont pour cela censés recevoir ces jours-ci 250.000 doses d’AstraZeneca, assurent les autorités sanitaires.

Ces dernières comptent sur le lien de confiance entre les professionnels de ville et leurs patients pour mieux faire accepter ce vaccin, alors que l’Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué mardi qu’elle était toujours en train d’évaluer s’il est potentiellement lié à la formation de rares caillots sanguins, signalés dans plusieurs pays. Des doses d’AstraZeneca ont d’ailleurs été boudées pendant le week-end dans des centres de vaccinations des Hauts-de-France. Le ministère assure néanmoins qu’il n’y aura pas de gâchis: toutes les doses non écoulées vont être réadministrées, avec une consigne de souplesse: «On peut vacciner hors cible s’il le faut» pour ne rien jeter.

Une autre étape, plus symbolique, doit enfin être franchie ce mercredi avec le début de la «production» de vaccins anti-Covid en France par le groupe Delpharm, basé en Eure-et-Loir. Il s’agit en fait d’opérations de remplissage de flacons pour lesquelles cinq sites français devraient être mis à contribution dans les prochains mois.

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