Covid-19 : L’UE autorise le vaccin AstraZeneca mais verrouille l’exportation

Les plus de 65 ans pourront aussi être protégés par ce nouveau produit.

Après ceux de Pfizer et Moderna, c’est donc le troisième vaccin accepté en Europe. La Commission peut donc, dans l’absolu, compter sur quelque 1,16 milliard de doses à court et moyen terme pour l’UE : 600 millions de Pfizer, 160 millions de Moderna et 400 millions d’AstraZeneca. « Si nous n’avions pas fait le choix d’un dispositif européen, nous aurions eu moins de doses et nous serions tous en train de nous disputer entre nous », estime un diplomate de l’UE. Pour autant, les retards de livraisons s’accumulent dangereusement. Pas un jour ne se passe sans que de nouveaux problèmes n’apparaissent. Jeudi, Moderna a fait savoir que les volumes promis à l’UE pour février seraient amputés de 25%. Il y a deux semaines, Pfizer alertait également sur de futurs retards, tout en confirmant le volume promis à l’UE au premier trimestre. Dans beaucoup de régions et de pays européens, les campagnes de vaccination ralentissent ou sont à l’arrêt afin de sécuriser l’injection de la deuxième dose aux personnes ayant déjà reçu la première. En Espagne, où le virus fait des ravages, la région d’Andalousie a d’ores et déjà stoppé sa campagne. L’inquiétude grandit en Italie.

Il faut distinguer les retards relevant de l’organisation de la production et ce qui est de l’ordre des pratiques non acceptables

Un diplomate européen

C’est sur AstraZeneca que se concentrent les critiques, devenu en quelques jours la bête noire de Bruxelles. « Il faut distinguer les retards relevant de l’organisation de la production et ce qui est de l’ordre des pratiques non acceptables », tance un diplomate européen, en pointant le groupe anglo-suédois auquel il est reproché d’avoir privilégié le Royaume-Uni au détriment de l’Europe. Afin de « sécuriser » les préachats inscrits au contrat d’AstraZeneca ainsi que ceux figurant sur les contrats signés avec les cinq autres groupes pharmaceutiques, la Commission va, dès ce samedi, surveiller de près les exportations de vaccins hors UE. Comme cela avait été le cas pour les masques en mars 2020, ces exportations devront faire l’objet, jusqu’à fin mars, d’une « autorisation préalable ». Ce sera aux États membres, sur la base d’une recommandation non contraignante de la Commission, de donner ou non leur feu vert.
L’objectif de ce mécanisme est « d’avoir des informations exactes sur la production de vaccins et (savoir) où les entreprises veulent les envoyer », a expliqué Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission. Et comme il s’agit aussi de comprendre pourquoi AstraZeneca n’est pas en mesure de livrer les doses prévues au premier trimestre, le mécanisme s’applique également de manière rétroactive, sur trois mois. Quelque 92 pays en sont exemptés mais certainement pas le Royaume-Uni. « Ces dernières semaines, nous avons eu des indications et il serait très utile d’avoir des informations précises sur les exportations », souligne une source européenne.

S’il n’est pas question de saisir la justice, Bruxelles n’a pas l’intention de faire baisser la pression sur AstraZeneca afin d’obtenir les doses promises. Le groupe a d’ailleurs accepté ces derniers jours de livrer 8 millions de doses de plus à l’UE au premier trimestre, portant les volumes à 39 millions au lieu des 80 millions attendus. Le contrat a également été rendu public. Sans préjuger des parties noircies à la demande de l’une ou de l’autre des parties, il est bien stipulé que les usines britanniques peuvent fournir des vaccins à l’UE. Le PDG du groupe, Pascal Soriot, avait assuré le contraire cette semaine. De même, le fait que le contrat avec le Royaume-Uni ait été signé trois mois avant celui de l’UE, ne semble pas faire de Londres un client « prioritaire ».

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