Sajalni.tn : un pas en avant vers la lutte contre la contrebande des smartphones

Le Centre d’études et de recherche des télécommunications (Cert) a organisé, mercredi 23 décembre 2020, une journée d’information en partenariat avec le constructeur chinois de la téléphonie mobile OPPO. Une semaine après le lancement de la plateforme de lutte contre le vol et la contrebande des téléphones portables et des tablettes, le Cert a souhaité expliquer davantage ses objectifs et avantages pour le consommateur et sur l’économie du pays.

Dans son allocution, le directeur général du Cert, Naoufel Ben Saïed, a, d’ailleurs, évoqué la protection des consommateurs contre les produits de contrefaçon, de l’économie contre l’évasion fiscale et le marché informel, des réseaux et des équipements de télécommunications ainsi que du spectre, des fréquences nationales et du cyber-espace tunisien.

 

Côté vol des téléphones, la plateforme du Cert (CEIR-N – Sajalni) semble efficace. En effet, tout téléphone mobile ou tablette enregistré sur la plateforme sera bloqué et ne sera plus, de ce fait, utilisable en cas de vol. La victime n’aura qu’à aviser les autorités policières pour que le téléphone soit détecté et blacklisté, grâce à l’International Mobile Equipment Identity (IMEI) et au numéro de série qu’elle aura mentionné à l’enregistrement. Une fois placé sur la liste noire, ce téléphone ne sera plus opérationnel sur aucun des réseaux mobiles des trois opérateurs à l’échelle nationale mais également sur tout autre réseau à l’échelle internationale.

La plateforme du Cert est, notons-le, couplée à une plateforme similaire développée par l’Association des constructeurs et équipementiers de téléphonie mobile (GSMA) qui se chargera, par la suite, d’engager le processus de déconnexion de l’appareil où qu’il se trouve.

La plateforme du Cert compte, rappelons-le, trois listes :

–       une blanche : contenant les IMEIs des téléphones mobiles et tablettes importés légalement et homologués par le Cert,

–      une grise : contenant les IMEIs des téléphones mobiles et tablettes autorisés temporairement à communiquer sur les réseaux des opérateurs et jusqu’à la régularisation de leurs situations,

–       une noire : contenant les IMEIs des téléphones bloqués, volés ou issus du marché parallèle.

 

Sur le volet commerce informel, certains peuvent se montrer sceptiques quant à l’efficacité de la plateforme, en partant du principe qu’il y aura toujours un petit génie qui trouvera une faille à exploiter. Interpellé sur le sujet, Naoufel Ben Saïed a reconnu que certains aspects pourraient et allaient être améliorés.

Concernant le quota d’appareils pouvant être importés par chaque citoyen,  il a indiqué que, pour le moment, aucun plafond n’avait été fixé sachant que chaque voyageur aura droit à deux terminaux (téléphone/tablette) par arrivage.

En d’autres termes, si un citoyen se permet deux voyages par mois, il aura la possibilité de faire rentrer sur le sol tunisien pas moins de 48 appareils, par an, qu’il pourra ensuite revendre en toute légalité sous prétexte que l’appareil est un cadeau et sans passer par la case taxes et homologation tant que le produit est acquis sur le marché formel. Il aura, tout de même, à régler la somme de dix dinars par terminal en frais d’enregistrement sur Sajalni.tn.

 

Interrogé par Business News sur la procédure à engager au cas où le terminal ramené de l’étranger est offert à une tierce personne, il a affirmé que le voyageur-acquéreur serait, tout de même, tenu d’enregistrer le terminal sur son propre passeport.

Pour ce qui est des Tunisiens résidents à l’étranger ou encore des touristes arrivant en Tunisie pour des vacances, il a expliqué que ceux-ci seraient dans l’obligation d’enregistrer leurs téléphones ou tablettes uniquement en cas d’acquisition d’une puce tunisienne.

En effet, dès l’activation d’une puce tunisienne sur le terminal acquis à l’étranger, l’utilisateur reçoit un message l’informant de la date d’expiration du délai de grâce accordé avant que le téléphone ne soit coupé des réseaux téléphoniques si non enregistré sur la plateforme. Cette période s’étale sur trois mois pour les Tunisiens et est fixée à un mois pour les touristes.

La plateforme Sajalni.tn permet, en outre, pour les consommateurs de vérifier avant l’achat d’un terminal s’il a déjà été utilisé et s’il est valide ou pas et ce même s’il s’agit d’un achat auprès d’un revendeur. Il suffit de taper le code USSD *999# et d’introduire l’IMEI en plus des six derniers chiffres du numéro de série pour s’en assurer.

 

Ce que l’on retient, par ailleurs, est qu’en resserrant l’étau sur les contrebandiers, l’Etat redirige au moins une partie des consommateurs vers le circuit formel pour ainsi redynamiser les ventes chez les revendeurs et remplir ses caisses grâce à la TVA (18%) et aux droits de douane (25%). Actuellement, selon les chiffres communiqués par le Cert, trois millions de téléphones sont importés en Tunisie chaque année via les voies légales et 60% des téléphones qui se connectent aux réseaux des opérateurs en Tunisie proviennent du marché parallèle.

businessnews 

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