Financements douteux : Karoui, Chahed, Terras et Ennahdha dans la tourmente

La Cour des Comptes a fait des révélations fracassantes sur les financements douteux des dernières campagnes électorales de 2019 – présidentielle et législatives – ont été fracassantes. Le président de Qalb Tounes, Nabil Karoui, l’ancien chef du gouvernement et patron de Tahya Tounes, Youssef Chahed, Olfa Terras, présidente de 3ich Tounsi, et Ennahdha… Tous ont sollicité des financements non déclarés pour financier leurs campagnes électorales.

Il s’agit d’un véritable scandale financier qui, après tout, ne constitue pas une nouveauté en Tunisie. De quoi souligner l’impunité et le manque de transparence qui règnent sur la scène politique tunisienne. Le rapport de la Cour des Comptes, selon son président Néjib Ktar qui s’est exprimé dans plusieurs médias tunisiens, a été axé sur les campagnes de 2019. Plusieurs acteurs politiques ont fait l’objet de l’enquête. On parle de 26 candidats à l’élection présidentielle, de 1500 listes législatives dont 183 actuellement à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et de 16 listes indépendantes.

Il s’avère que la Cour des Comptes a contacté le département américain de la Justice dans l’objectif de se renseigner sur ces financements étrangers. Dans ce contexte, le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes, a composé avec une agence de communication américaine, et ce par le biais d’une transaction de 2,5 millions de dinars. Sur ce total, 427 500 dinars ont été transférés via un compte bancaire à l’étranger non déclaré. Toujours selon le président de la Cour des Comptes, Ennahdha a composé avec une agence de communication entre 2014 et 2018. En 2019, elle a changé de prestataire de services. « Nous avons détecté un compte bancaire ouvert à l’étranger qui a servi aux transactions », a-t-il expliqué.

Dans ce contexte marqué par le flou et les contradictions, Nabif Baffoun, président de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Élections), a expliqué que plusieurs informations détenues par la Cour des Comptes sur les financements étrangers des partis politiques émanent des PVs rédigés par les services l’ISIE. Pas seulement : il a affirmé que l’Instance était au courant du contrat qui a été signé entre le candidat Nabil Karoui et l’agence de communication américaine concernée. « Nous avons envoyé une correspondance au ministère des Affaires Étrangères afin de lui demander de contacter le département américain de la Justice. Nous voulions, en effet, obtenir plus d’informations. On nous a alors expliqués qu’une enquête a été ouverte », a-t-il expliqué.

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