Sit-in d’El Kamour (Tataouine) : la fin d’une crise qui n’a que trop duré

C’est sans doute l’annonce phare de ce vendredi 6 novembre 2020 en Tunisie : la crise d’El Kamour à Tataouine (Sud-Est du pays) a été officiellement résolue. C’est ce qu’a indiqué la présidence du gouvernement tunisien dans un communiqué publié dans la soirée. « Une solution définitive a été élaborée pour la problématique d’El Kamour à Tataouine. Ainsi, les activités [économiques] vont reprendre au sein des entreprises présentes sur les lieux et actives dans le secteur énergétique », lit-on dans le communiqué de la Kasbah, qui précise que la reprise aura lieu dès ce samedi 7 novembre 2020.

La crise d’El Kamour, à titre de rappel, a éclaté en 2017, lorsque l’ancien Chef du gouvernement, Youssef Chahed, était aux commandes. Un accord a été conclu le 16 juin 2017, avec la participation active de l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail, qui est le principal syndicat du salariat en Tunisie). L’accord prévoyait, entre-autres, la création d’un fonds de développement d’une valeur de 80 millions de dinars – environ 25 millions d’euros – en faveur de la région de Tataouine. Pas seulement : il prévoyait aussi la création d’emplois au sein des entreprises présentes dans la région. Seulement, le sit-in et le blocage des activités n’avaient pas pris fin et un véritable bras de fer s’est installé entre l’État et la coordination des sitinneurs.

Ces derniers, à plusieurs reprises, ont procédé à la fermeture des vannes de pétrole de la région, bloquant ainsi l’activité de la quasi totalité des entreprises pétrolières. Une action qui a suscité l’indignation en Tunisie. Les critiques les plus virulentes ont été adressées aux pouvoirs publics, déplorant l’absence flagrante de l’État et de l’ordre dans le pays.

Récemment, en octobre 2020, un autre accord a été annoncé par les autorités régionales de Tataouine, mais il n’a pas été du goût des sitinneurs qui ont donc, une fois encore, fermé les vannes. L’annonce du Chef du gouvernement de ce soir devrait donc – espérons-le ! – mettre fin à un blocage qui n’a que trop duré. Reste à connaître les termes de l’accord qui a été conclu et les concessions que l’État a acceptées. Les pouvoirs publics auraient promis, selon les bruits des couloirs, d’en parler dans les prochains jours.

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